Fabriquer des cordages

En une phrase

Le cordage est l’outil invisible de la civilisation — sans lui, pas d’arc à feu, pas de filet de pêche, pas de vêtement, pas de construction solide.

Qu’est-ce que c’est ?

Un cordage est un fil, une corde ou une ficelle fabriqué à partir de fibres végétales tordues ensemble. Plus les fibres sont tordues et multipliées, plus la corde est résistante. C’est la base de presque tout : attacher, tirer, hisser, tisser, etc.

Où trouver les matériaux ?

Les meilleures fibres végétales

  1. Ortie : LA MEILLEURE fibre en climat tempéré. Les tiges d’ortie de l’année précédente (mortes et sèches en hiver) contiennent des fibres longues et solides.

    • Comment la reconnaître : plante de 1-2m, tige carrée, feuilles dentelées qui piquent. Les tiges mortes sont brunes et sèches de l’automne au début du printemps.
    • Comment récolter : couper les tiges, les faire tremper dans l’eau 1-2 semaines (rouissage), puis les sécher et les battre pour séparer les fibres.
    • Attention : les orties fraîches piquent. Toucher avec des gants ou par la base des tiges. Une fois sèches, plus de piquants.
  2. Lin : cultivé mais peut pousser sauvage. Tiges de 30-60cm avec petites fleurs bleues. Fibres très fines et résistantes.

  3. Chanvre : tiges grandes et robustes. Fibres épaisses et solides, pour les grosses cordes.

  4. Écorce de tilleul : en juin-juillet, l’écorce se détache facilement en longues bandes. Faire tremper dans l’eau 2 semaines, puis séparer les fibres en les battant. Le tilleul produit la corde la plus facile à fabriquer en forêt.

  5. Roseau : les feuilles sèches peuvent être tressées en cordes solides, surtout pour les attaches temporaires.

  6. Sève de pin : pas une fibre, mais un adhésif naturel. La récolter en chauffant doucement l’écorce, elle coule en gouttes ambrées. Sert à coller et étancher.

Comment l’utiliser ?

Le cordage est un outil universel. Voici les usages essentiels en survie, du plus urgent au plus avancé :

  1. Attacher : lier des branches pour un abri, attacher une pointe de lance sur un bâton, fixer un récipient.
  2. Tirer : haler un tronc, tendre une ligne de pêche, tirer un fardeau.
  3. Hisser : monter des matériaux en hauteur, soulever de lourdes charges avec un palan rudimentaire.
  4. Tisser : fabriquer des filets de pêche, des nasses, des paniers, des vêtements.
  5. Coudre : les fibres les plus fines (ortie, lin) peuvent servir de fil pour assembler des peaux ou des tissus.

Règle d’or : toujours choisir la corde la plus fine qui puisse supporter la charge. Une corde trop épaisse est un gaspillage de fibres et de temps. Une corde trop fine casse. Tester avant de faire confiance.

Quelle corde pour quel usage ?

|| Usage | Type de corde | Diamètre recommandé || ||-------|---------------|---------------------|| || Coudre une peau | 1 brin fin d’ortie ou lin | 0.5-1mm || || Lacet d’arc à feu | 2 brins d’ortie | 2-3mm || || Attacher un abri | 2 brins d’ortie ou écorce de tilleul | 3-5mm || || Filet de pêche | 2 brins d’ortie | 2-3mm || || Halage / traction | 3 brins d’ortie ou chanvre | 5-8mm || || Pont de corde / hissage lourd | 3 brins de chanvre | 10mm+ ||

Étapes détaillées

Méthode 1 : Torsion simple (la base)

  1. Préparer les fibres : séparer les fibres de la plante ( voir ci-dessus). Les fibres doivent être sèches et souples. Si elles sont cassantes, les humidifier légèrement.
  2. Former un fil : prendre 2-3 fibres, les tenir entre le pouce et l’index. Les rouler dans le même sens (vers vous) sur la cuisse. La torsion les assemble en un fil.
  3. Ajouter des fibres : quand le fil devient court, superposer une nouvelle fibre par-dessus l’ancienne et continuer à torsader. C’est le “épissage” — la jointure doit chevaucher sur au moins 5cm.
  4. ** Former une corde à 2 brins** : prendre 2 fils de même longueur, les fixer à un point (branche, orteil). Tordre chaque fil individuellement dans le sens horaire. Puis les tordre ensemble dans le sens anti-horaire. La torsion inverse les maintient serrés.

Méthode 2 : Tressage (plus rapide pour les attaches)

  1. Prendre 3 brins de fibres.
  2. Passer le brin de droite par-dessus le brin du milieu.
  3. Passer le brin de gauche par-dessus le nouveau brin du milieu.
  4. Répéter en ajoutant des fibres quand les brins raccourcissent.

Méthode 3 : Corde à 3 brins (solide, pour la construction)

  1. Former 3 cordes à 2 brins (méthode 1).
  2. Les tordre ensemble de la même manière — tordre individuellement dans un sens, puis l’ensemble dans l’autre sens.
  3. Résultat : une corde solide capable de soutenir plusieurs dizaines de kilos.

Test de résistance

  • Corde fine (1 brin) : assez pour attacher, ligaturer, coudre
  • Corde moyenne (2 brins) : assez pour un arc à feu, un petit filet, un abri
  • Corde épaisse (3 brins) : assez pour hisser, tirer, construire un pont de corde

Alternatives selon les climats

En climat tropical / humide

  • Rotin : la liane la plus résistante au monde. Pousse en forêt tropicale. Tiressez les longues tiges entre les arbres, les fendre en deux pour obtenir des liens plats. Le rotin frais est flexible ; le rotin sec est rigide comme du bambou.
  • Feuilles de palmier : les nervures centrales des palmes sont des fibres naturelles solides. Les sécher et les tresser donne des liens excellents.
  • Écorce de bansoro (figuier étrangleur) : en milieu tropical, les racines aériennes des figuiers étrangleurs forment des liens naturels prêts à l’emploi.
  • Attention humidité : les fibres pourrissent vite en climat humide. Les cordages d’extérieur durent 1-3 mois maximum. Les renouveler régulièrement.

En climat désertique / sec

  • Yucca et agave : les feuilles charnues contiennent de longues fibres très résistantes. Les récolter, les racler avec une pierre pour retirer la chair, sécher les fibres obtenues.
  • Fibres de figuier de Barbarie (opuntia) : les épines sont les fibres. Les retirer en brûlant ou en raclant, puis tresser.
  • Fibres d’agave séchées : même plante mais séchée au soleil. Les feuilles mortes sèches se délitent en fibres naturelles.
  • Stockage : les cordages secs au désert deviennent cassants. Les humidifier légèrement avant utilisation.

En climat froid / nordique

  • Écorce de saule : disponible même en hiver sous la neige. L’écorce interne (liber) est flexible et résistante. La récolter en faisant une incision en spirale autour du tronc — ne pas annéler complètement (tuer l’arbre).
  • Cuir animal : si vous avez chassé, les tendons et la peau font d’excellents cordages. Les tendons séchés se délient en fibres ultra-fines et ultra-résistantes (plus fortes que le nylon au diamètre équivalent).
  • Racines d’épinette : les racines fines d’épinette (1-3mm) sont des cordages naturels. Les déterrer sous la neige, les fendre en deux. Les Premières Nations nordiques les utilisaient pour coudre les canots d’écorce.
  • Filet d’esturgeon : traditionnellement, les peuples du nord fabriquaient des filets en fibres d’écorce de cèdre et de saule.

Identification visuelle des fibres végétales

PlanteAspect en natureParties à récolterQuand récolter
OrtieTiges de 1-2m, feuilles dentelées qui piquentTiges mortes brunes (année précédente)Fin automne à début printemps
LinTiges fines de 30-60cm, petites fleurs bleuesTiges entièresFin été quand les capsules sont sèches
ChanvreGrande plante de 1-3m, feuilles palméesTiges entièresAoût-septembre
TilleulGrand arbre, feuilles en cœurÉcorce interneJuin-juillet (sève montante)
RoseauTiges de 2-3m en bordure d’eauFeuilles sèches et tigesToute l’année
SauleArbre/arbuste près de l’eau, feuilles étroitesÉcorce interne, longues branches flexiblesPrintemps (écorce se détache facilement)
YuccaRosette de feuilles longues et pointues en milieu secFeuilles entièresToute l’année

Détails techniques : le test de résistance

Avant d’utiliser un cordage en situation critique, le tester :

  1. Test de traction : tirer fermement des deux côtés. Si le cordage s’étire beaucoup avant de casser, il est élastique (bon pour les arcs, mauvais pour les ponts).
  2. Test de nœud : faire un nœud simple et tirer. Si le nœud glisse, la corde est trop lisse. Les cordages d’ortie tiennent bien les nœuds.
  3. Test humidité : tremper 10 min, puis tester la traction. Une corde qui perd plus de 30% de résistance mouillée ne doit pas être utilisée pour les applications critiques.

Pièges et erreurs courantes

  • Fibres mouillées : la corde rétrécit en séchant, ce qui la détend. Toujours tordre des fibres légèrement humides, puis laisser sécher sous tension.
  • Torsion irrégulière : si la torsion n’est pas uniforme, la corde se déforme et casse aux points faibles. Prendre son temps.
  • Pas épissé : simplement nouer deux bouts = point faible. Toujours épisser (chevauchement).
  • Fibres pourries : les fibres trop rouies (trop longtemps dans l’eau) perdent leur résistance. Sur-rouir = pourri.

Une fois que vous savez faire ça, vous pouvez débloquer

Ressources externes

  • Pl@ntNet — identification de plantes par photo (mode hors-ligne disponible)
  • Seek par iNaturalist — identification d’espèces (plantes, champignons, insectes) par photo
  • Low-tech Lab Wiki — tutoriels de fabrication de cordes naturelles et technologies basse
  • Meshtastic — communication longue portée pour coordonner un groupe en forêt ou en montagne
  • Survivor Library — manuels historiques sur la fabrication de cordes, le tissage et la corderie (catégorie « Ropemaking »)
  • Low←tech Magazine — article « Lost Knowledge: Ropes and Knots » sur l’histoire et les techniques de cordage
  • Animated Knots by Grog — référence animée de plus de 200 nœuds avec instructions pas-à-pas : nœuds d’amarrage, nœuds de pêche, nœuds de hissage

Identification visuelle rapide des fibres prêtes à l’emploi

|| État de la fibre | Aspect | Qualité | Utilisation || ||---------|---------|---------|---------|---------|| || Fibre bien rouie | Brune, souple, se sépare facilement entre les doigts | Bonne | Corde solide || || Fibre sur-rouie | Noire, pâteuse, odeur de pourriture | Mauvaise (pourrie) | Jeter || || Fibre pas assez rouie | Raide, difficile à séparer, verte par endroits | Médiocre | Retremper 3-5 jours || || Fibre bien sèche | Cassante si pliée, couleur uniforme | Bonne | Corde ou tressage || || Fibre trop sèche | Grise, poudreuse, se casse au toucher | Mauvaise (desséchée) | Jeter ||

Nœuds essentiels pour les cordages naturels

Les cordages naturels ont tendance à glisser plus que le nylon. Ces nœuds sont indispensables :

Nœud de jambe de chien (le plus solide pour joindre deux cordes)

  1. Prendre deux bouts de corde. Former une boucle avec le premier.
  2. Passer le deuxième bout à travers la boucle, autour de la boucle, puis à nouveau à travers.
  3. Serrer fermement. Ce nœud ne glisse pas et résiste à la traction.

Nœud cabestan (pour attacher une corde à un poteau)

  1. Enrouler la corde autour du poteau 2 fois.
  2. Passer l’extrémité libre sous les tours, par-dessus, puis sous le tour le plus proche du poteau.
  3. Serrer. Ce nœud se serre sous la traction mais reste facile à détacher.

Nœud de chaise (boucle qui ne se resserre pas)

  1. Former une boucle en bas de la corde.
  2. Passer l’extrémité libre à travers la boucle par le bas.
  3. L’enrouler autour du brin principal, puis la repasser dans la boucle par le haut.
  4. Serrer. La boucle reste ouverte — parfaite pour attacher autour d’un objet ou comme ceinture de sécurité.

Stockage et entretien des cordages

  • Stockage au sec : enrouler les cordes en cercle (pas en pelote lâche). Les suspendre si possible. Le contact avec le sol humide les fait pourrir en quelques jours.
  • Rotation : les cordes d’extérieur durent 1 à 3 mois en climat humide. Les inspecter régulièrement pour les remplacer avant la rupture.
  • Rénovation : une corde qui s’effiloche peut être retordue et retressée avec des fibres neuves ajoutées en épissage.
  • Imperméabilisation : tremper la corde dans de la résine de pin fondue. Cela la rend imperméable et plus résistante à la pourriture, mais plus rigide.

Utilisations pratiques : de la corde à l’outil

Un cordage n’est qu’une corde tant qu’on ne l’utilise pas. Voici les constructions essentielles qui dépendent du cordage.

L’arc à feu (voir Faire du feu)

L’arc à feu est l’utilisation la plus critique du cordage en survie :

  1. Le lacet de l’arc : un cordage d’ortie ou de lin, long de 60-80cm, solide et légèrement souple. Trop rigide = il casse. Trop élastique = il patine sur le foret.
  2. Tension : le lacet doit être tendu mais pas trop. On doit pouvoir l’enrouler autour du foret en-force, sans qu’il glisse.
  3. Entretien en cours de friction : le lacet s’use vite. Si il commence à pelucher ou claquer, le resserrer ou le remplacer.
  4. Alternative d’urgence : une lanière de cuir frais (tendons d’animal) fait un excellent lacet d’arc à feu — plus résistant à la chaleur que les fibres végétales.

Le filet de pêche (voir Pêcher et chasser avec des pièges)

Un filet se fabrique en nouant des cordages sur un cadre de branches :

  1. Taille des mailles : Pour les petits poissons (10-20cm), des mailles de 3cm. Pour les gros (30cm+), des mailles de 6cm.
  2. Nœud à utiliser : le nœud de jambe de chien entre chaque croisement. Il ne glisse pas sous tension.
  3. Temps : un filet de 1m x 2m demande 4 à 6 heures de travail. C’est un investissement massif mais qui nourrit pendant des mois.

La corde à nœuds (outil de mesure et de progression)

Fabriquer une corde de 10m avec un nœud tous les mètres. Sert à : mesurer les distances, repérer les chemins, calculer la profondeur de l’eau, fabriquer une echelle de corde.

Fabrication de colles et adhésifs naturels pour cordages

Le cordage seul ne suffit pas toujours. Pour étancher, coller, et protéger, on a besoin d’adhésifs naturels qui se fabriquent avec les mêmes matériaux que les cordages.

Résine de pin (colle et étanchéifiant)

La résine de pin est l’adhésif naturel le plus polyvalent en forêt tempérée ou boréale.

  1. Récolter la résine : chercher les conifères (pins, sapins, épicéas). La résine coule naturellement des blessures de l’écorce — repérer les gouttes ambrées et collantes sur le tronc. On peut aussi en provoque la sortie en entaillant l’écorce d’un pin vivant avec un couteau ou une pierre tranchante (entaille en V de 5cm de long, la résine s’accumule au bas en 1-2 jours).
  2. Fondre la résine : placer les morceaux de résine dans un récipient au-dessus d’un feu doux. La résine fond à environ 80-100 degres. Elle devient liquide et ambrée.
  3. Ajouter un durcisseur : mélanger la résine fondue avec de la cendre de bois fine (1 part de cendre pour 3 parts de résine). La cendre rend la résine plus dure et moins cassante une fois refroidie.
  4. Appliquer : tremper le noeud ou la jointure à coller dans la résine chaude, ou l’étaler avec un bâton. La résine durcit en 2-5 minutes à l’air libre.

Utilisations :

  • Etancher les noeuds d’un bac en écorce
  • Coller une pointe de pierre sur un bâton (spear)
  • Imperméabiliser un cordage en le trempant dans la résine
  • Fabrication de torches (résine + bâton = torche qui brule 20-30 min)

Poix noire (colle ultra-forte)

La poix est la version perfectionnée de la résine. C’est de la résine purifiée par distillation.

  1. Creuser un trou de 30cm dans une pente argileuse.
  2. Placer un récipient (coquillage ou poterie) au fond du trou pour recueillir la poix.
  3. Remplir le trou de morceaux de résine de pin.
  4. Couvrir de mousses et de terre pour isoler.
  5. Allumer un feu au-dessus et maintenir pendant 1-2h. La chaleur fait fondre la résine, la poix coule dans le récipient, les impuretés restent dans la terre.
  6. Résultat : une substance noire, brillante, extrêmement collante et durable. La poix durcit à l’air mais reste légèrement flexible.

Utilisations :

  • Fixer des hampes de flèches sur des pointes de silex
  • Réparer des récipients en poterie
  • Sceller les coutures d’un bateau en écorce

Colle de peau (colle forte)

Si vous avez chassé un animal :

  1. Recueillir la colle : faire bouillir des peaux, tendons et os dans l’eau pendant plusieurs heures (4-6h). La substance se dissout et forme une gelée.
  2. Concentrer : continuer à bouillir jusqu’à obtenir un sirop épais et collant.
  3. Utiliser chaud : cette colle ne marche qu’à chaud. L’appliquer avec un bâton, assembler les pièces, maintenir serrées jusqu’au refroidissement (10-15 min).

Note : la colle de peau est la plus forte des colles naturelles. Elle a été utilisée pendant des millénaires pour assembler les arcs composites et les meubles.

Cordages spécialisés : les constructions avancées

L’échelle de corde

Pour grimper, descendre, ou franchir un obstacle :

  1. Corde principale : une corde à 3 brins de chanvre ou d’ortie, longueur selon le besoin (10-30m).
  2. Barreaux : des bâtons solides de 2-3cm de diamètre et 30-40cm de long. Chêne ou frêne idéalement.
  3. Fixation : passer la corde autour de chaque barreau avec un noeud cabestan double. Espacer les barreaux de 30-35cm.
  4. Test : chaque barreau doit supporter le poids d’un adulte avant utilisation.

Le pont de corde (passerelle)

Pour traverser un cours d’eau ou un ravin :

  1. Corde porteuse : deux cordes à 3 brins tendues entre deux arbres ou rochers, espacées de 40cm, à 30cm au-dessus de l’eau.
  2. Garde-corps : une troisième corde à 80cm de hauteur, reliée aux porteuses par des montants tous les 50cm.
  3. Ancrage : utiliser le noeud cabestan autour des arbres. L’ancrage est le point le plus critique — un arbre vivant de plus de 15cm de diametre est l’idéal.
  4. Test de charge : tester avec le triple de son poids avant de traverser.

Le hamac de corde

Pour dormir au-dessus du sol en milieu tropical :

  1. Deux cordes d’ancrage attaches a deux arbres espaces de 3-4m, a 1.2m de hauteur.
  2. Tressage transversal : tendre des cordes tous les 3-5cm entre les deux ancres, puis tresser perpendiculairement pour former un filet serré.
  3. Temps : 3-4 heures pour un hamac fonctionnel.
  4. Avantage : isole du sol humide, des insectes rampants et des serpents.

Notes

  • Une corde d’ortie bien faite est plus résistante qu’une corde en nylon de même diamètre — ce n’est pas une approximation, c’est un fait mesuré.
  • Les plus anciennes cordes connues datent de -40 000 ans. C’est une des plus vieilles technologies humaines.
  • Conserver les cordes au sec. L’humidité prolongée les fait pourrir.
  • Le chanvre fut la corde de marine la plus utilisée pendant des siècles — les Voiles de Colomb étaient toutes hissées au chanvre.
  • Dans une urgence absolue, n’importe quel vêtement déchiré en bandes fait une corde de fortune. Les bandes de coton sont étonnamment solides en tresse triple.
  • Le rotin (liane tropicale) peut supporter jusqu’à 200 kg sans aucun traitement. C’est le cordage naturel le plus résistant au monde.
  • La résine de pin fondue est le meilleur adhésif de fortune : elle colle le bois, la pierre, et le tissu, et elle étanche les coutures.
  • Toujours tester un cordage critique (pont, charge, levage) en lui appliquant 3 fois la charge prévue avant de l’utiliser en situation réelle.