Pêcher et chasser avec des pièges
En une phrase
La chasse active demande trop d’énergie et d’équipement. Les pièges travaillent pour vous jour et nuit — c’est la méthode la plus efficace pour se nourrir en survie.

Qu’est-ce que c’est ?
Un piège est un dispositif qui capture ou tue un animal sans surveillance continue. Au lieu de courir après le gibier (ce qui brûle des calories que vous n’avez pas), vous installez les pièges le matin et vous les visitez le soir. C’est un investissement de temps, pas d’énergie.
La pêche primitive est la capture de poissons et crustacés sans canne ni filet moderne — avec des nasses, des barrages, et des lignes de fortune.
Règle fondamentale : en survie, le piège vaut mieux que la chasse. Un piège travaille 24h/24. Vous, vous dormez.
Principes de base du piégeage
Les 4 besoins de l’animal
Tout animal se déplace pour 4 raisons. Placez vos pièges sur ces parcours :
- Nourriture : les animaux suivent les pistes vers les zones de nourriture (baies, herbe, point d’eau). Les pistes sont visibles au sol — herbe couchée, empreintes, crottin.
- Eau : toutes les pistes mènent à l’eau. Un piège entre un gîte et un point d’eau est le meilleur emplacement.
- Abri : les animaux dorment dans des terriers, des tas de branches, des anfractuosités. Piéger l’entrée d’un terrier est très efficace.
- Reproduction : les pistes de marquage (griffes sur les arbres, odeur d’urine) indiquent les passages réguliers.
Lire les pistes
| Empreinte | Description | Animal probable |
|---|---|---|
| 2 sabots en V, 3-5cm | Empreinte fendue, trace de sabots | Chevreuil ou cerf |
| 4 coussinets ronds, pas de griffes visible | Trace douce et ronde | Chat sauvage, lynx |
| 4 coussinets + 5 orteils avec griffes | Trace avec marques de griffes | Renard, chien |
| 5 doigts longs, pouce écarté | Trace ressemblant à une main humaine miniature | Raton laveur |
| 3-4 doigts en éventail, palmés | Trace plate et large | Canard, oie, eau |
| Queue entre les empreintes | Trace avec trait central | Lézard, serpent |
Où placer les pièges — les endroits idéaux
- Goulets naturels : passages étroits entre deux obstacles (rochers, arbres, falaises). L’animal n’a qu’un chemin, le piège est inévitable.
- Berges de rivière : les animaux viennent boire au même endroit chaque jour. Les empreintes fraîches montrent le chemin exact.
- Entrées de terrier : un terrier actif a des traces fraîches, de la terre remuée, des excréments proches.
- Pistes de chasse : les prédateurs suivent les mêmes pistes que les proies. Un piège sur une piste de lièvre peut aussi attraper un renard.
- Arbres à baies : les ours et les petits mammifères reviennent chaque jour manger les baies.
Éthique et efficacité
- Vérifier les pièges deux fois par jour (aube et crépuscule). Un animal pris vit des souffrances atroces si on le laisse des heures.
- Tuer rapidement : un coup franc à la tête avec un bâton lourd ou une pierre. Pas d’hésitation.
- Démonter les pièges en partant. Un piège abandonné continue à capturer et tuer inutilement.
- Ne pas trop prélever : laisser les femelles et les petits. Si vous tuez tous les animaux d’une zone, il n’y en aura plus demain.
Les pièges terrestres — détaillés
1. Piège à lacet (le plus polyvalent)
Le piège à lacet est un noeud coulant qui se resserre autour de l’animal quand il passe à travers. C’est le piège le plus simple et le plus efficace en survie.
Matériel : du cordage fin (2-3mm), un bâton fourchu, une pierre.
Fabrication du lacet :
- Noeud coulant : faire un noeud coulant avec le cordage. Le noeud doit se resserrer facilement mais NE PAS se desserrer seul. Le meilleur noeud est le noeud coulant simple : faire une boucle, passer l’extrémité autour du brin principal, et la rentrer dans la boucle.
- Diamètre du lacet :
- Petit gibier (lapin, lièvre) : lacet de 10-12cm de diamètre
- Gibier moyen (renard, chat sauvage) : lacet de 15-20cm
- Grand gibier (cerf, sanglier) : lacet de 25-35cm
- Hauteur du lacet :
- Au sol pour les animaux rampants (lézard, serpent)
- À 10-15cm du sol pour les lapins
- À 20-30cm du sol pour les renards
- À 40-50cm du sol pour les cerfs
Pose du lacet sur piste :
- Identifier la piste : repérer les empreintes fraîches. La piste doit être étroite et contrainte (entre deux buissons, le long d’un muret de pierre).
- Installer le lacet : attacher l’extrémité du lacet à un arbre solide ou à un piquet enfoncé profondément. Le lacet doit être vertical, centré sur la piste.
- Maintenir ouvert : utiliser deux brindilles fourchues de chaque côté du lacet pour le maintenir ouvert et en position. L’animal passe la tête dedans sans le voir.
- Camoufler : couvrir le cordage de feuilles mortes, de terre, de mousse. L’odeur humaine effraie les animaux — frotter le lacet avec de la terre ou des feuilles du lieu.
Pose du lacet surPerche penchée (pour les écureuils et petits grimpeurs) :
- Choisir un arbre avec des traces d’écureuil (écorce rongée, cônes de pin éparpillés au pied).
- Poser une perche (branche de 3-5cm de diamètre, 2-3m de long) contre l’arbre, à 45 degrés.
- Placer 3-4 lacets le long de la perche, espacés de 30cm. L’écureuil grimpe la perche et passe la tête dans un lacet.
- Attacher les lacets à la perche elle-même. Le poids de l’animal fait glisser le noeud et le suspend.
2. Piège à fosse (pour le moyen et grand gibier)
Matériel : un bâton pour creuser, des branches, des feuilles.
Fabrication :
- Creuser un trou de 60-80cm de profondeur, 40-50cm de largeur, sur la piste de l’animal. Le trou doit être assez grand pour que l’animal ne puisse pas se redresser.
- Affiler des piques (optionnel mais recommandé pour le gibier moyen) : tailler des bâtons pointus de 20-30cm, les enfoncer au fond du trou, pointes vers le haut. L’animal se blesse en tombant, ce qui l’empêche de s’échapper.
- Couvrir le trou : tendre des branches fines en travers du trou (pas trop épaisses, elles doivent céder sous le poids de l’animal). Recouvrir de feuilles, de mousse, et de terre pour camoufler complètement la fosse.
- Marquer l’emplacement : placer un repère discret (caillou, branche cassée) à 2m de la fosse pour la retrouver.
Attention : la fosse à piques est dangereuse pour VOUS aussi. La marquer et la vérifier tous les jours. La démonter en partant.
3. Piège à assommoir (pour le petit gibier)
Le piège à assommoir utilise le poids d’une pierre ou d’un bâton lourd pour tuer l’animal instantanément quand il déclenche le mécanisme.
Matériel : une pierre plate de 5-10kg, un bâton lourd de 1m, 3 piquets en bois, du cordage, un appât.
Fabrication :
- Planter deux piquets verticaux en V dans le sol, de chaque côté de la piste. Le V doit être orienté dans le sens de la piste.
- L’appât : placer un morceau d’appât (baie, morceau de viande, racine) au fond du V, entre les deux piquets.
- Le déclencheur : tailler un bâtonnet de 15cm avec une encoche en bas (qui s’emboîte dans l’encoche d’un piquet horizontal). Ce bâtonnet est le déclencheur qui maintient la pierre en équilibre.
- La pierre : placer la pierre plate sur un piquet horizontal lui-même maintenu par le déclencheur. L’ensemble est en équilibre instable.
- Le mécanisme : quand l’animal tire l’appât, le déclencheur se décale, le piquet horizontal tombe, et la pierre écrase l’animal.
Important : le déclencheur est la pièce la plus délicate. Il faut que l’encoche tienne le poids de la pierre mais se décale avec très peu d’effort (l’appât doit suffire). Pratiquer le mécanisme plusieurs fois avant de le laisser en position.
4. Piège à arbalète de fortune (pour le gibier moyen)
Ce piège lance un projectile quand l’animal déclenche le mécanisme. Plus complexe mais très efficace.
Matériel : un arbre souple jeune (pour l’arc), du cordage, une lance en bois durci au feu, un déclencheur encoché.
Fabrication :
- L’arc : choisir un jeune arbre flexible (saule, cendrier) de 1.5m. L’attacher à deux arbres de chaque côté de la piste, à 50cm du sol.
- La lance : un bâton durci au feu de 60-80cm, pointu d’un côté.
- Le cordage : tendre l’arc à mi-course avec le cordage. La lance est posée sur l’arc, pointe vers la piste.
- Le déclencheur : même système que l’assommoir — un bâtonnet encoché qui se décale quand l’animal tire l’appât. Le cordage est retenu par le déclencheur. Quand il lâche, l’arc se détend et propulse la lance.
Attention : ce piège est potentiellement mortel pour un humain. Le marquer avec des signaux visibles et ne JAMAIS le poser sur des sentiers humains.
Identification visuelle des appâts naturels
| Animal | Appât préféré | Comment le trouver |
|---|---|---|
| Lapin, lièvre | Carottes sauvages, trèfle, pissenlit | Champs et lisières |
| Écureuil | Noix, glands, cônes de pin | Sous les arbres à graines |
| Raton laveur | Fruits, maïs, grenouilles | Bord de l’eau, arbres fruitiers |
| Renard | Viande, oeufs, petits rongeurs morts | Terrains ouverts |
| Cerf, chevreuil | Sel (cendre de feu), pommes, feuilles tendres | Lisières, vergers |
| Sanglier | Racines, glands, maïs | Sous les chênes, zones boueuses |
| Poisson (si appât sur ligne) | Vers de terre, insectes, petits poissons | Sous les pierres, dans la vase |
La pêche primitive
La pêche est souvent plus productive que la chasse terrestre en milieu aquatique. Les cours d’eau sont des garde-manger réguliers.
5. La nasse à poisson (piège à poissons)
La nasse est un piège en forme de entonnoir : le poisson entre par la grande ouverture mais ne peut pas ressortir.
Matériel : roseaux, branchettes souples, cordage.
Fabrication d’une nasse en roseau :
- Le cadre : fabriquer un cercle de 20-30cm de diamètre avec une branche souple de saule ou de noisetier. Fermer le cercle avec du cordage.
- Deux cercles : un grand cercle (30cm, l’entrée) et un petit cercle (10cm, le bout fermé).
- Les montants : couper 12-15 roseaux de 60-80cm. Les planter régulièrement autour du grand cercle et les courber pour les attacher au petit cercle. Cela forme un cylindre en forme de tonneau.
- L’entonnoir : fabriquer un deuxième entonnoir de 20cm de diamètre à l’entrée et 8cm à la sortie. Le glisser dans le grand cercle de la nasse, pointe vers l’intérieur. Le poisson passe par l’étroiture mais ne trouve plus la sortie.
- Tressage : tresser des roseaux ou des bandes d’écorce entre les montants pour fermer les interstices. Le maillage doit être assez serré pour que les poissons ne passent pas à travers (1-2cm entre chaque roseau).
- L’appât : placer des insectes, des vers, ou des morceaux de poisson au fond de la nasse.
- Le ficelage : attacher la nasse à un arbre ou un piquet au bord de l’eau, l’immerger complètement. Le poisson entre par l’entonnoir, ne peut plus ressortir.
Pose : placer la nasse dans un courant lent, le grand ouverture face au courant. Les poissons suivent le courant et entrent naturellement.
6. Le barrage à poisson (piège fixe)
Le barrage est une construction semi-permanente qui canalise les poissons vers un piège. C’est la méthode la plus productive pour un campement de plusieurs jours.
Fabrication :
- Choisir un endroit : un cours d’eau peu profond (30-60cm) et étroit (1-3m). Un virage est idéal.
- Construire le barrage : planter des pieux de 3-5cm de diamètre dans le lit de la rivière, espacés de 5-10cm. Remplir les interstices avec des pierres, de l’argile, et des feuilles pour rendre le barrage étanche.
- Laisser une ouverture : au milieu du barrage, laisser une ouverture de 20-30cm. C’est là que les poissons passent.
- Placer la nasse : à l’ouverture, fixer la nasse à poisson (voir section précédente). Les poissons qui passent le barrage sont forcés de traverser la nasse.
- Alternative sans nasse : creuser un bassin de 50cm de profondeur juste après l’ouverture du barrage. Les poissons passent par l’ouverture et tombent dans le bassin. On les récupère à la main ou avec un filet improvisé.
Rendement : un barrage bien placé peut capturer 5-20 poissons par jour selon le cours d’eau.
7. La ligne de pêche primitive
Matériel : du cordage fin (1 brin d’ortie ou de lin), un hameçon, un appât.
L’hameçon improvisé :
- Hameçon en os : prendre un fragment d’os long (fémur de grand animal). Le tailler en forme de J avec une pierre tranchante. Percer un trou à l’extrémité pour y passer le fil.
- Hameçon en épine : l’épine de poirier, d’aubépine ou de cactus fait un hameçon naturel. L’attacher au fil avec la pointe vers le haut.
- Hameçon en épine de poisson : les grandes épines dorsales des poissons (bar, silure) sont courbes et pointues. Attacher la base au fil.
- La gorge (technique sans hameçon) : attacher un petit bâtonnet de 3cm au bout du fil. L’appât cache le bâtonnet. Le poisson avale l’appât, le bâtonnet se bloque en travers dans son estomac. Tirer doucement. Cette technique est simple mais moins efficace et blesse le poisson.
Pêche à la ligne :
- Attacher l’hameçon au fil (2-3m de long).
- Appâter avec un ver, un insecte, ou un morceau de poisson.
- Lancer dans l’eau, attendre. Les poissons mordent surtout à l’aube et au crépuscule.
- Quand le poisson mord, le tirer fermement et régulièrement. Ne pas brusquer — le fil d’ortie casse.
8. La pêche à la main (étranglement et harpon)
Le harpon en bambou ou en bois durci :
- Tailler un bâton de 1.5-2m. Durcir la pointe au feu (voir Faire du feu).
- Fabriquer des barbelures : sculpter 2-3 pointes secondaires en V au bout du harpon. Elles empêchent le poisson de glisser.
- Pêcher en eau peu profonde : rester immobile dans l’eau, le harpon prêt. Viser légèrement en dessous du poisson (réfraction de l’eau). Frapper d’un coup sec.
La pêche à l’étranglement :
- Chercher des trous sous les berges, entre les racines des arbres en bord de rivière.
- Plonger la main dans le trou, les doigts écartés. Avancer lentement jusqu’à sentir le poisson.
- Glisser la main le long du poisson vers sa tête, puis agripper fermement derrière les branchies. Serrer et sortir.
- Attention : dans les eaux tropicales, les trous peuvent contenir des serpents aquatiques ou des poissons venimeux. toujours palper doucement avant d’insérer la main.
9. La collecte de crustacés et coquillages (la pêche sans piège)
La récolte de coquillages est la méthode de pêche la plus sûre et la plus accessible :
- Moules : sur les rochers en bord de mer, attaches par des filaments (byssus). Les récoller à marée basse. Les attendre quelques heures en eau douce avant de les cuire.
- Coques et palourdes : dans le sable des plages, à marée basse. Chercher les petits trous en forme de 8 dans le sable. Creuser avec les doigts à 5-10cm.
- Escargots : après la pluie, sur les feuilles et les troncs. Faciles à ramasser, il faut les faire jeûner 2 jours dans un récipient avec de la farine de maïs pour purger, puis les cuire 15 min.
- Ecrevisses : sous les pierres dans les ruisseaux d’eau douce. L’appâter avec un morceau de viande et l’attraper par le dos. Attention aux pinces.
Règle de sécurité : les coquillages ne se mangent JAMAIS crus. Toujours les cuire au moins 10 minutes après ébullition. Les coquillages des eaux chaudes peuvent contenir des toxines — ne pas en manger en zone de marée rouge (eau rougeâtre ou trouble).
Pièges aquatiques
10. Le piège à crevettes / écrevisses
- Fabriquer un petit entonnoir en roseau ou en écorce de bouleau, 15-20cm de diamètre.
- Placer un appât au fond : un morceau de poisson ou de viande en décomposition (les crevettes adorent).
- Immerger dans un cours d’eau calme ou un étang, à 30-50cm de profondeur.
- Relever après 2-4 heures.
11. Le barrage à marée
En bord de mer, construire un barrage en forme de V face à la marée descendante :
- A marée haute : repérer une zone où l’eau se retire lentement (platier rocheux, étang côtier).
- Construire un mur de pierre et de sable en forme de V de 1m de haut, la pointe vers la mer. L’intérieur du V est le bassin de capture.
- A marée basse : l’eau se retire, les poissons sont piégés dans le V. Les ramasser à la main.
- Rendement : 5 à 30 poissons par marée selon la taille du barrage et la richesse du lieu.
Préparation du gibier (après la capture)
Attraper l’animal est la moitié du travail. Le préparer correctement est tout aussi important.
Vider et dépouiller un petit animal (lapin, lièvre)
- Saigner : couper la gorge avec un éclat de pierre ou un couteau. Laisser le sang s’écouler. Le sang est comestible (riche en fer et protéines) — le recueillir dans un récipient si possible.
- Dépouiller : faire une incision autour des chevilles et des poignets, puis tirer la peau vers le bas comme une chaussette. Pour un lapin, la peau se détache facilement.
- Ouvrir le ventre : inciser délicatement de l’anus au sternum avec la pointe du couteau. Ne pas percer les intestins (le contenu est toxique et gâche la viande).
- Retirer les organes : sortir les intestins, l’estomac, le foie et les poumons. Garder le coeur, le foie et les reins — ce sont les morceaux les plus nutritifs.
- Rincer à l’eau propre.
- Cuire immédiatement ou faire sécher (voir Cuisson alimentaire).
Vider un poisson
- Écaililler : gratter les écailles de la queue vers la tête avec un couteau ou une pierre plate.
- Ouvrir le ventre : inciser du ventre vers la gorge.
- Retirer les organes : vider la cavité abdominale. Garder le foie et les oeufs si femelle.
- Retirer l’arête (optionnel) : pour les gros poissons,inciser le long de l’arête centrale et détacher les filets.
- Rincer à l’eau claire.
- Cuire : en papillote dans des feuilles, sur une pierre chaude, ou en bouillon dans un récipient d’eau.
Régles de sécurité alimentaire du gibier
- Ne jamais manger un animal trouvé mort : on ne sait pas de quoi il est mort. Maladie, poison, putréfaction.
- Ne jamais manger un animal qui sent mauvais : la viande fraîche a une odeur neutre ou légèrement métallique. Une odeur aigre, sucrée, ou ammoniacale = putréfaction.
- Cuire à coeur : la viande doit être cuite à coeur, pas saignante. En survie, on ne prend pas de risque avec les parasites.
- Le sang est comestible : riche en fer et en protéines. Ne pas le gaspiller.
- Les organes sont plus nutritifs que la viande : le foie, le coeur et les reins contiennent plus de vitamines et de minéraux que le muscle. Les manger en premier.
Alternatives selon les climats
En climat tropical / humide
- Les pièges fonctionnent très bien : la faune est abondante et l’eau partout.
- Piège à lacet sur piste de sanglier : les sangliers sont les grands gibiers les plus accessibles en forêt tropicale. Leurs pistes sont évidentes ( empreintes profondes, terre retournée, excréments).
- Nasses à poisson géantes : en rivière tropicale, construire des nasses de 1m de long en bambou et rotin. Les poissons sont plus gros et plus nombreux qu’en climat tempéré.
- Pièges à crevettes d’eau douce : les cours d’eau tropicaux regorgent de crevettes et d’écrevisses. De petites nasses appâtées suffisent.
- Danger : les eaux tropicales contiennent des crocodiles, des serpents aquatiques, et des piranhas (Amazonie). Ne JAMAIS pêcher à la main en eau tropicale sans vérifier.
En climat désertique / sec
- Le gibier est rare et nocturne : les animaux sortent la nuit quand il fait frais. Les pièges doivent être posés au crépuscule et vérillés à l’aube.
- Pièges à lacet sur pistes de gerboise et de lièvre du désert : les pistes sont visibles dans le sable (petites empreintes avec queue). Poser les lacets à 5-8cm du sol.
- Piège à fosse dans les dunes : les gerboises utilisent les mêmes pistes chaque nuit. Creuser des fosses de 30cm sur ces pistes.
- Pêche dans les oueds : après une pluie, les oueds se remplissent temporairement de poissons. Construire des barrages rapidement.
- Collecte d’insectes : les sauterelles, grillons et termites sont des protéines abondantes. Les ramasser le matin quand ils sont engourdis par le froid. Les cuire pour éliminer les parasites.
En climat froid / neige
- Les pistes sont visibles dans la neige : repérer les empreintes est facile. Suivre la piste jusqu’au terrier ou au gîte.
- Pièges sous la glace : creuser un trou dans la glace du lac, tendre une ligne avec un appât. Les poissons sont actifs sous la glace, même en hiver.
- Piège à assommoir sous la neige : construire le piège au-dessus du sol, puis recouvrir de neige. L’animal ne voit que l’appât.
- Gibier d’hiver principal : le lièvre variable (blanc en hiver), le tétras, et le renard arctique. Les cerfs descendent dans les vallées.
- Attention aux ours : en climat nordique, les pièges à appât peuvent attirer un ours. Un ours dans un piège est un ours enragé. Éviter les appâts à viande en territoire d’ours.
Tableau récapitulatif des pièges par gibier et situation
Ce tableau permet de choisir le bon piège en fonction du gibier visé et de l’environnement.
||| Gibier | Piège le plus efficace | Emplacement | Appât | Heure de vérification || |||--------|------------------------|-------------|-------|-----------------------|| ||| Lapin, lièvre | Lacet sur piste | Piste étroite entre deux buissons | Trèfle, pissenlit | Aube et crépuscule || ||| Écureuil | Lacet sur perche inclinée | Perche contre arbre à cônes | Aucun (habitude de grimper) | Aube et fin d’après-midi || ||| Renard | Lacet ou assommoir | Piste entre deux obstacles | Viande, oeufs | Nuit et aube || ||| Cerf, chevreuil | Lacet grand, fosse | Sentier forestier | Sel (cendre de feu), pommes | Aube et crépuscule || ||| Sanglier | Fosse à piques, lacet très solide | Piste boueuse, zone de fouissage | Glands, racines | Nuit || ||| Raton laveur | Lacet ou assommoir | Bord de l’eau, pied d’arbre fruitier | Fruits, maïs | Nuit || ||| Poisson (rivière) | Nasse à entonnoir | Courant lent, bord de rivière | Vers, insectes | Matin et soir || ||| Poisson (barrage) | Barrage à V avec nasse | Rivière étroite et peu profonde | Aucun (passage forcé) | Marée basse ou matin || ||| Écrevisse | Nasse petite, appâtée | Sous les pierres, eau douce calme | Viande en décomposition | 2-4 heures après pose || ||| Oiseau (petit) | Lacet sur branche, assommoir | Arbre à baies, point d’eau | Baies, graines | Aube ||
Les pièges à oiseaux (techniques spécifiques)
Les oiseaux sont une source de nourriture souvent négligée, mais ils sont abondants et plus faciles à capturer qu’on ne le croit. Voici les techniques adaptées à chaque type d’oiseau.
12. Le sautoir à oiseaux (pour les oiseaux perchés)
Le sautoir est un piège qui attrape l’oiseau par les pattes quand il se pose sur une branche.
Matériel : un lacet de cordage fin (1-2mm), une branche fourchue, un appât.
Fabrication :
- Choisir un arbre où les oiseaux viennent se poser régulièrement (reconnaissable aux excréments blancs au pied).
- Tendre le lacet : attacher un lacet de 8-10cm de diamètre à une branche horizontale, avec le noeud coulant orienté vers le bas. Le lacet doit être posé bien à plat sur la branche, sans être tendu.
- L’appât : placer des baies, des graines, ou des insectes sur la branche juste au centre du lacet. L’oiseau se pose pour manger, ses pattes passent dans le lacet.
- Le mécanisme : un brin de cordage relie le lacet à une branche courbée qui fonctionne comme ressort. Quand l’oiseau tombe dans le lacet, son poids libère la branche courbée, qui se redresse et suspend l’oiseau en l’air.
Hauteur : placer le lacet à 1-3m du sol, sur une branche horizontale fréquentée.
13. Le piège à glue naturelle (pour les petits oiseaux)
Fabrication de la glue :
- Récolter la résine de pin ou d’épicéa (voir Fabriquer des cordages — résine de pin).
- Chauffer la résine lentement sur une pierre plate au-dessus de braises. La résine devient liquide et collante.
- Ajouter de l’huile : mélanger avec un peu d’huile de graisse animale ou d’huile végétale (noix, hêtre) pour la rendre plus visqueuse et moins cassante une fois refroidie. Ratio : 4 parts de résine pour 1 part d’huile.
- ** Appliquer** : enduire les branches, les perchoirs et les bâtons autour de l’appât avec cette glue. L’oiseau se pose dessus, les plumes collent, il ne peut plus s’envoler.
Attention : ce piège n’est pas sélectif. Vérifier toutes les 2 heures pour relâcher les oiseaux non comestibles (oiseaux charognards, rapaces).
14. Le filet à lancer (technique active pour les oiseaux en vol bas)
Matériel : un filet de 1m x 1m en cordage d’ortie (voir Fabriquer des cordages — filet de pêche), des pierres aux quatre coins.
Technique :
- Tisser un filet avec des mailles de 3cm (même technique que le filet de pêche).
- Attacher des pierres de 50g aux quatre coins.
- Se cacher dans les roseaux ou les buissons près d’un point d’eau où les oiseaux viennent boire.
- Quand un groupe d’oiseaux se pose, lancer le filet par-dessus en le faisant tournoyer. Les pierres propulsent le filet et l’étalent en l’air.
- Récupérer les oiseaux pris dans le filet avant qu’ils ne s’en dégagent.
Les oiseaux les plus accessibles en survie
|| Oiseau | Habitat | Technique de capture | Rendement || ||--------|---------|----------------------|-----------|| || Perdrix, faisan | Lisières, champs | Sautoir, lacet sur piste | Bon (chair abondante) || || Canard, oie | Étangs, rivières | Barrage à poisson adapté, lacet près de l’eau | Bon (chair + oeufs) || || Pigeon, tourterelle | Arbres, falaises | Sautoir sur branche, lacet au nid | Moyen || || Écureuil (pas un oiseau mais même technique) | Arbres à cônes | Lacet sur perche inclinée | Bon || || Goéland, mouette | Côtes, lacs | Lacet près des restes de poisson | Faible (chair d’odeur forte) || || Petit passereau | Buissons, haies | Piège à glue, sautoir | Faible (chair maigre, beaucoup d’os) ||
Collecte et préparation des insectes (protéines de survie négligées)
Les insectes sont la source de protéines la plus abondante et la plus accessible en survie. Pourtant, la plupart des survivants les ignorent. Voici les insectes comestibles, comment les collecter, et comment les préparer.
Insectes sûrs et nutritifs
||| Insecte | Où le trouver | Comment le collecter | Rendement calorique || |||---------|---------------|----------------------|--------------------|| ||| Termites | Mounds de terre, bois pourri | Casser le mound, ramasser à la main | Très élevé (protéines + graisses) || ||| Sauterelles et criquets | Champs d’herbe, lisières | Ramasser le matin au dew (engourdis par le froid) | Élevé (protéines) || ||| Grillons | Sous les pierres, dans les souches | Retourner les pierres, creuser | Élevé || ||| Larves de coléoptère | Bois pourri, souches | Fendre le bois, extraire les larves blanches | Très élevé (graisses + protéines) || ||| Vers de terre | Sol humide après pluie | Creuser, ou utiliser la technique du substrat vibré | Moyen || ||| Fourmis (et oeufs) | Nids de fourmis, sous les pierres | Retourner la pierre, gratter | Bon (acide formique : enlever en faisant bouillir 2 fois) || ||| Chenilles (vertes et lisses) | Feuilles d’arbres et buissons | Ramasser à la main | Élevé ||
Insectes à éviter absolument
- Tout insecte vivement coloré (rouge, orange, jaune vif) = signal d’avertissement, probablement toxique.
- Araignées : toutes les araignées sont vénéneuses pour la consommation humaine. Ne pas manger.
- Chenilles poilues ou épineuses : les poils sont souvent urticants ou toxiques.
- Insectes qui sentent mauvais : la mauvaise odeur est un signal chimique de défense.
- Mouches et moustiques : porteurs de maladies, pas nutritifs.
- Insectes trouvés sur des plantes toxiques : ils accumulent les toxines de leur plante hôte.
Préparation des insectes pour la consommation
- Faire bouillir 5 minutes : la cuisson détruit les parasites et neutralise la plupart des toxines. Pour les fourmis, faire bouillir deux fois en changeant l’eau pour retirer l’acide formique.
- Retirer les pattes et les ailes : elles sont indigestes et piquent. Les arracher après cuisson quand elles se détachent facilement.
- Faire griller ou sécher : après bouillisson, griller les insectes sur une pierre chaude ou les sécher au soleil. Les insectes séchés se conservent 2-3 jours.
- Réduire en poudre : écraser les insectes séchés entre deux pierres pour obtenir une poudre riche en protéines. Mélanger cette poudre à des farines de racines ou de graines pour enrichir les galettes.
Pourcentage de protéines des insectes courants (par poids sec) : sauterelles environ 50%, termites environ 35%, larves de coléoptères environ 45%. Pour comparaison, le boeuf est à environ 55%.
Pièges et erreurs courantes
- Poser un piège et l’oublier : un piège non vérifié est cruel et inefficace. Vérifier deux fois par jour.
- Trop de pièges, peu de soins : mieux vaut 3 pièges bien placés et bien construits que 10 pièges bâclés qui ne capturent rien.
- Odeur humaine : les animaux sentent l’humain à des dizaines de mètres. Frotter le piège avec de la terre locale, des feuilles, de la viande. Ne pas parler en posant les pièges.
- Appât qui pourrit : vérifier l’appât chaque jour. Un appât pourri repousse au lieu d’attirer.
- Noeud coulant trop serré ou trop lâche : un noeud trop serré ne se ferme pas (l’animal passe à travers). Un noeud trop lâche ne se resserre pas (l’animal se dégage). Pratiquer avant de poser.
- Piège trop visible : les animaux évitent ce qui est nouveau ou inhabituel. Camoufler tout le mécanisme avec des matériaux du lieu.
- Poser le piège au mauvais endroit : un piège parfait sur une piste infréquentée ne capture rien. Chercher les pistes actives (empreintes fraîches, excréments récents).
- Pêcher dans une eau contaminée : les coquillages et poissons des eaux stagnantes ou polluées peuvent transmettre des maladies. Toujours cuire à coeur.
- Ne pas savoir tuer : hésiter à tuer un animal pris au piège prolonge sa souffrance et rend la viande toxique (adrénaline). Un coup franc, net, à la tête. Pas de torture.
Une fois que vous savez faire ça, vous pouvez débloquer
- Cuisson alimentaire — transformer le gibier cru en nourriture sûre
- Cultiver la terre — de la chasse à l’agriculture sédentaire
- Conservation des aliments — sécher, fumer, saler le gibier pour le stockage
- Fabriquer des vêtements — les peaux des animaux deviennent des habits
Ressources externes
- Survival Manual (ligi) — guide complet de piégeage et de pêche primitive
- TruePrepper PDFs — manuels militaires de survie incluant les techniques de piégeage (FM 21-76)
- Low-tech Lab Wiki — tutoriels de pêche traditionnelle et de barrage
- Pl@ntNet — identification des plantes pour les appâts et la recherche de terrain
Notes
- La règle d’or du piégeage : 1 piège = 1 emplacement optimal. Posez vos pièges là où les animaux passent, pas là où c’est facile pour vous.
- En moyenne, comptez 1 capture tous les 3-4 pièges-nuits. Posez au moins 10 pièges pour espérer manger chaque jour.
- Les poissons sont souvent la source de protéines la plus fiable et la plus facile en milieu aquatique. Si vous êtes près d’un cours d’eau, commencez par la pêche.
- Les insectes (sauterelles, Grillons, termites, larves) sont les protéines les plus accessibles et les plus faciles à collecter. Ne les négligez pas.
- La viande crue est dangereuse en survie. Toujours cuire le gibier à coeur. La cuisson tue les parasites et les bactéries.
- Démontrer TOUJOURS les pièges en partant d’un campement. Un piège oublié est un piège qui torture.