Trouver de l’eau potable
En une phrase
On meurt de soif en 3 jours. Savoir trouver, filtration et purifier l’eau est une compétence de SURVIE IMMÉDIATE, avant même le feu.
Qu’est-ce que c’est ?
L’eau potable est une eau qu’on peut boire sans tomber malade. L’eau douce de rivière, lac, ou source contient des bactéries, des parasites, et parfois des produits chimiques. Il faut TOUJOURS la purifier avant de boire, sauf si elle sort directement d’une source captée dans la roche.
Où trouver de l’eau ?
Dans la nature (par ordre de sécurité)
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Sources (le mieux) : l’eau qui sort du sol, surtout de formations rocheuses calcaires. Chercher des zones humides en pente, de la mousse très verte, des fougères. Les sources en montagne sont généralement potable sans traitement.
- Comment la reconnaître : l’eau est claire, froide, et coule du sol ou d’une fissure rocheuse. Pas de mousse verte stagnante autour.
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Ruisseaux et rivières : l’eau courante est mieux que l’eau stagnante. Plus le courant est rapide, moins il y a de bactéries.
- Attention : boire l’eau d’une rivière sans la purifier, c’est jouer à la roulette russe avec la giardiase (parasite) et la dysenterie.
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Lacs et étangs : eau stagnante = plus de bactéries. À purifier obligatoirement.
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Pluie : la plus pure des eaux naturelles. Utiliser une feuille large ou une bâche en entonnoir pour la collecter. Ne pas boire la première eau de pluie (elle lessive les toxines de l’air et des surfaces).
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Rosée : passer un tissu propre sur l’herbe mouillée le matin, puis torde le tissu dans la bouche. Lent mais ça marche.
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Eaux troubles : si l’eau est boueuse, la laisser décanter 30 min dans un récipient, puis filtrer.
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Neige : TOUJOURS faire fondre la neige avant de boire. Boire de la neige directement fait baisser la température corporelle et accélère l’hypothermie. La neige fondue est de l’eau pure.
Comment collecter l’eau de pluie
- Creuser un trou dans le sol, recouvrir d’une feuille large ou d’une bâche. Placer une pierre au centre pour créer un entonnoir vers un récipient.
- Toute surface lisse peut servir de collecteur : feuille de bananier, écorce de bouleau.
Signaux d’eau potable dans la nature
- Végétation verte et luxuriante dans un environnement sec = eau à proximité
- Sillons dans le terrain = écoulement d’eau
- Oiseaux qui volent bas et se posent souvent = ils boivent à un point d’eau
- Animaux : suivre les pistes d’animaux mène souvent à l’eau
- Insectes : beaucoup de mouches = eau à moins de 100m, abeilles = eau à quelques km
Comment purifier l’eau
Méthode 1 : Ébullition (la plus sûre, nécessite Faire du feu)
- Trouver un récipient : un bol en écorce de bouleau, une feuille épaisse pliée, ou mieux — un récipient en Fabriquer de la poterie.
- Porter l’eau à ébullition vigoureuse pendant au moins 1 minute (3 minutes en altitude > 2000m).
- Laisser refroidir. L’eau bouillie a un goût “plat” — c’est normal, c’est l’oxygène qui s’est échappé.
Méthode 2 : Filtration (sans feu)
- Filtre à sable : creuser un trou de 30cm à côté d’un cours d’eau, pas dedans. L’eau filtre à travers le sable et remplit le trou. Plus clair que la rivière mais PAS STÉRILE.
- Filtre à couches : prendre un tronc de bambou ou un cône d’écorce. Alterner les couches : gravier (fond) → sable fin → charbon de bois en poudre → sable fin → gravier (dessus). Verser l’eau dessus, recueillir en dessous. Cela retire les impuretés mais PAS les bactéries.
- SODIS (Solar Water Disinfection) : remplir une bouteille transparente avec de l’eau claire. Laisser au soleil direct pendant 6 heures minimum. Les rayons UV tuent les bactéries. Méthode lente mais sans feu ni équipement.
Fabrication détaillée d’un filtre à couches
Ce filtre ne rend PAS l’eau stérile mais la rend claire et réduit les contaminants. Il faut ensuite bouillir l’eau filtrée.
Matériaux nécessaires :
- Un récipient allongé : tronc de bambou d’un mètre (creusé des cloisons internes sauf celle du fond), ou un cône fait d’écorce de bouleau, ou deux bouteilles recyclées empilees.
- Gravier nettoyé (petits cailloux ronds, 5-15mm)
- Sable fin de rivière
- Charbon de bois broyé (en morceaux de 1-5mm, pas en poudre fine)
- Un tissu ou des herbes tressees pour boucher le fond
Construction en détail :
- Boucher le fond du récipient avec un bouchon de tissu ou d’herbes tressées. Ce bouchon retient les couches tout en laissant passer l’eau.
- Couche 1 (fond, 10cm) : gravier propre. Rôle : drainer l’eau et retenir les grosses particules. Laver le gravier dans l’eau de rivière avant de le mettre.
- Couche 2 (8cm) : sable fin. Rôle : filtrer les particules moyennes. Le sable de rivière est ideal — le sable de dunes est trop fin et colmate.
- Couche 3 (15cm) : charbon de bois broyé. Rôle : adsorber les produits chimiques, les goûts, et une partie des bactéries. Le charbon doit venir d’un feu complet (bois blanc/brun, pas de bois traité). Ne PAS utiliser de cendres.
- Couche 4 (8cm) : sable fin. Rôle : bloquer les particules de charbon qui pourraient passer.
- Couche 5 (dessus, 10cm) : gravier propre. Rôle : disperser le flux d’eau et éviter que le sable ne soit creusé par le versement.
Utilisation :
- Verser l’eau lentement sur le dessus. Les 5-10 premiers litres seront troubles — les jeter. Ensuite l’eau sort claire.
- Le filtre traite environ 10 litres par jour pour un filtre d’un mètre de haut.
- Nettoyer le filtre toutes les 2 semaines : retirer les couches une par une, laver le gravier et le sable, remplacer le charbon.
- Ce filtre NE TUE PAS les bactéries. Il faut TOUJOURS bouillir l’eau après filtration.
Méthode spéciale : Dessaler l’eau de mer (nécessite Faire du feu)
En milieu côtier, l’eau de mer est abondante mais mortelle à boire (trop de sel). Voici comment la rendre potable :
Dessalement par ébullition-condensation :
- Faire bouillir de l’eau de mer dans un récipient (poterie, métal, grand coquillage).
- Placer un couvercle concave au-dessus (autre récipient, grande feuille, plaque de métal). La vapeur monte, se condense sur le couvercle.
- Incliner le couvercle pour que les gouttes d’eau douce coulent dans un récipient de collecte.
- Un récipient d’un litre d’eau de mer produit environ 950ml d’eau douce par distillation. Le sel reste dans le récipient de base.
Rendement : environ 0.5 à 1 litre d’eau douce par heure de bouillonnement continu. C’est lent, mais en milieu marin, c’est la seule option fiable.
Attention : ne PAS bouillir à sec. Le sel résiduel cristallise et peut percer le récipient. Jeter le sel cristallisé avant de remplir à nouveau.
Méthode 3 : Distillation (la plus pure, nécessite Faire du feu)
- Faire bouillir de l’eau sale dans un récipient.
- Couvrir d’un tissu ou d’une peau au-dessus. La vapeur monte, se condense sur le tissu, et l’eau pure coule dans un autre récipient.
- Même l’eau de mer peut être rendue potable par distillation.
Alternatives selon les climats
En climat tropical / humide
- Eaux abondantes mais contaminées : tout cours d’eau tropical est bourré de bactéries et parasites. TOUJOURS purifier, même les ruisseaux clairs en montagne.
- Eau de coco : l’eau de coco verte est potable et stérile. C’est une source d’eau sûre sans traitement. La coco brune est aussi potable mais moins abondante.
- Bambou à eau : les grosses tiges de bambou accumulent de l’eau de pluie dans leurs entre-nœuds. Secouer pour entendre l’eau, percer un trou.
- Lianes d’eau : couper une liane épaisse — l’eau qui en coule est potable. Mais ATTENTION : certaines lianes sont toxiques. Ne teste que les lianes que vous identifiez avec certitude.
- Collecte de pluie : les feuilles de bananier et de palmier font d’excellents entonnoirs naturels. Enrouler une feuille large en cône.
En climat désertique / sec
- Condensation nocturne : creuser un trou de 40cm de profondeur, placer un récipient au centre, couvrir d’une bâche ou d’un plastique avec une pierre au centre. L’humidité du sol condense pendant la nuit et coule dans le récipient. Produit 100-300ml par nuit.
- Plantes grasses et cactus : l’intérieur de nombreux cactus contient de l’eau, mais beaucoup sont toxiques ou laxatifs. L’opuntia (figuier de Barbarie) est sûr si on retire les épines. Le jus est visqueux mais potable.
- Oueds secs : creuser dans le lit sec d’un oued au point le plus bas et au niveau des virages. L’eau coule sous le sable.
- Rosée du matin : dans le désert côtier, les brouillards côtiers déposent de la rosée abondante. Utiliser un tissu tendu verticalement pour la collecter.
- Attention : boire de l’eau en milieu désertique est un équilibre. Ne pas transpirer pour chercher de l’eau si la quantité trouvée sera inférieure à la transpiration dépensée.
En climat froid / neige
- Fonte de neige : TOUJOURS faire fondre la neige avant de boire. Ne jamais manger de la neige directement — cela consomme plus d’énergie corporelle que l’eau apportée.
- Fonte de glace : la glace produit plus d’eau que la neige. Glace bleue transparente = eau pure. Glace blanche/opaque = neige compactée, moins rentable.
- Ratio : 10 litres de neige fondue = environ 1 litre d’eau. Préférer la glace quand c’est possible.
- Fonte passive : mettre de la neige dans un récipient près du corps (dans le vêtement) pendant la marche. Lente mais économique en énergie.
- Glace de mer : la glace de mer ancienne (plusieurs années) a perdu son sel et peut être fondue pour l’eau douce. La glace de mer récente est salée — ne pas la boire.
Identification visuelle des sources d’eau
| Indice | Aspect | Ce que ça signifie |
|---|---|---|
| Végétation verte luxuriante | Bosquet d’arbres verts dans une zone sèche | Nappe phréatique peu profonde |
| Sillons en V | Marques d’érosion en V dans le terrain | Écoulement d’eau actif |
| Terrain sablonneux humide | Sable sombre, compact, qui s’enfonce | Eau à quelques dizaines de cm |
| Oiseaux en basse altitude | Vols réguliers vers un point | Point d’eau à proximité |
| Traces d’animaux | Sentiers convergents | Les animaux boivent régulièrement |
| Insectes aquatiques | Libellules, moustiques | Eau stagnante ou lente à <200m |
SODIS détaillé (purification solaire sans aucun équipement)
Si vous n’avez ni feu ni récipient pour bouillir :
- Trouver une bouteille en plastique transparent (PE). La récupérer parmi les déchets est acceptable.
- Remplir d’eau claire (trouble = la turbidité bloque les UV). Si l’eau est trouble, la filtrer d’abord à travers un tissu ou du sable.
- Poser la bouteille horizontalement au soleil direct sur une surface réfléchissante (tole, roche claire).
- 6 heures minimum de soleil direct. Si nuageux, 2 jours complets.
- Les UV-A tuent les bactéries et virus. Ne fonctionne PAS sur les parasites (giardia) — il faut filtrer ou bouillir en complément.
Transporter et stocker l’eau
Trouver l’eau ne suffit pas — il faut la transporter et la stocker.
Sans récipient moderne
- Feuille grande en entonnoir : une feuille de bananier, de bardane ou de rhubarbe géante pliée en cône. Double épaisseur pour plus de solidité. Permet de transporter 1-2 litres sur de courtes distances.
- Écorce de bouleau : le meilleur contenant naturel. L’écorce se détache en grandes feuilles flexibles et étanches. Plier en forme de bac, attacher les coins avec du cordage. Un bac d’écorce de bouleau peut contenir 5-10 litres.
- Bambou géant : les entre-nœuds de bambou sont des réservoirs naturels. Couper un segment de 30-50cm avec un nœud à chaque bout. Percer un trou sur le dessus, remplir, reboucher avec un bouchon de mousse. Chaque segment contient 0.5 à 2 litres.
- Vessie d’animal : si vous avez chassé, la vessie et l’estomac des ongulés (cerf, sanglier) font des outres étanches. Les rincer soigneusement à l’eau bouillante avant usage.
- Creux dans la pierre : les roches calcaires et les pierres tendres peuvent être creusées avec une pierre dure pour former des mortiers de stockage.
Stocker l’eau purifiée
- L’eau purifiée se recontamine très vite. La garder dans un récipient fermé, à l’abri de la lumière directe.
- L’eau bouillie se conserve 24-48h à température ambiante dans un récipient propre et fermé.
- Pour conserver plus longtemps : remettre à bouillir toutes les 24h.
- Ne JAMAIS stocker d’eau dans un récipient qui a contenu de l’eau non purifiée sans le nettoyer à l’eau bouillante d’abord.
Maladies transmises par l’eau
L’eau non purifiée est le danger sanitaire n°1 en survie. Voici les maladies principales et comment les reconnaître.
Tableau des maladies hydriques
|| Maladie | Symptômes | Délai d’apparition | Gravité | Comment l’attraper || ||---------|-----------|---------------------|----------|---------|--------------------|| || Dysenterie (bactérie) | Diarrhées sanglantes, fièvre, crampes abdominales violentes | 1-3 jours | Mortelle sans traitement | Eau contaminée par des matières fécales humaines || || Giardiase (parasite) | Diarrhées mousseuses jaunes, ballonnements, fatigue extrême, malabsorption | 1-2 semaines | Chronique et invalidante | Eau de rivière, lac, étang — même en montagne || || Choléra | Diarrhées aqueuses massives (jusqu’à 20L/jour), déshydratation foudroyante | Quelques heures à 2 jours | Mortelle en 24h sans réhydratation | Eau contaminée, coquillages, légumes irrigués || || Fièvre typhoïde | Fièvre haute progressive (jusqu’à 40°C), taches roses sur le torse, confusion | 1-3 semaines | Mortelle sans soin | Eau et aliments contaminés par des selles || || Hépatite A | Fatigue extrême, urine sombre, jaunisse (peau et yeux jaunes), nausées | 2-6 semaines | Rarement mortelle mais très affaiblissante | Eau et aliments contaminés ||
Que faire si vous êtes malade ?
- Réhydratation : c’est le traitement principal. Boire de l’eau bouillie avec du sel et du sucre (1L d’eau + 1 cuillère à café de sel + 8 cuillères à café de sucre). C’est la solution de réhydratation orale la plus simple.
- Continuer à boire : la diarrhée vide le corps d’eau. Il faut boire PLUS que la quantité perdue, pas moins.
- Se reposer : ne pas chercher de nourriture. Le corps combat l’infection.
- Isoler le malade : les selles du malade sont hautement contagieuses. Enterrer les selles à 20m de tout point d’eau et 50m du camp.
- Rebouillir toute l’eau : si un membre du groupe est malade, la contamination de l’eau de stockage est probable.
Prévention (mieux vaut prévenir que guérir)
- Toujours bouillir l’eau, même les sources qui semblent pures.
- Ne jamais déféquer à moins de 20m d’un point d’eau.
- Laver les récipients à l’eau bouillante avant de les remplir.
- Se laver les mains après avoir déféqué et avant de manipuler de l’eau ou de la nourriture.
Besoins en eau selon la situation
Un humain ne boit pas la même quantité d’eau selon ce qu’il fait et où il se trouve.
|| Situation | Besoin quotidien | Notes || ||-----------|------------------|-------|| || Repos en climat tempéré | 2 litres | Minimum vital || || Effort modéré en climat tempéré | 3-4 litres | Marche, construction || || Effort intense ou climat chaud | 5-7 litres | Course, port de charges, désert || || Climat tropical (humide + chaud) | 4-6 litres | Transpiration constante || || Altitude (> 2500m) | 3-5 litres | L’air sec accélère la déshydratation invisible || || Maladie (diarrhée, fièvre) | +2-4 litres en plus | Remplacer les pertes ||
Signes de déshydratation (à surveiller en permanence)
- Léger : soif, bouche sèche, urine jaune foncée, fatigue légère.
- Modéré : urines très rares ou absentes, peau qui ne reprend pas sa forme quand on la pince, yeux enfoncés, vertiges.
- Sévère : pas d’urine depuis 8h+, confusion, peau froide et grise, pouls rapide et faible, perte de conscience. Urgence vitale.
Le test du pli cutané
Pincer la peau du dos de la main entre deux doigts, tirer légèrement, puis relâcher. Si la peau reprend sa forme immédiatement = hydratation correcte. Si la peau reste plissée comme du papier froissé pendant 2 secondes ou plus = déshydratation modérée à sévère.
Creuser un puits primitif (accès à long terme)
Quand on reste plus de quelques jours au même endroit, il faut un accès constant à l’eau. Les ruisseaux s’assèchent, les flaques stagnantes sont contaminées. Le puits est la solution.
Repérer l’emplacement
- Signes de nappe phréatique : végétation verte et luxuriante (roseaux, saules, grands arbres) dans une zone sèche, ou sol qui s’enfonce quand on marche dessus.
- Creuser un trou-test : enfoncer un bâton de 50cm dans le sol. S’il ressort humide et boueux, l’eau est proche. S’il ressort sec, creuser plus loin.
- En bordure de rivière asséchée : l’eau coule sous le lit sablonneux. Creuser au niveau du virage extérieur (là où l’eau creusait le plus profond avant de se tarir).
- Au pied d’une pente : l’eau ruisselle sous terre depuis les hauteurs. Creuser au point le plus bas d’un versant végétalisé.
Technique de creusement
- Outils : un bâton durci au feu pour creuser, une pierre plate comme pelleteuse, les mains pour le sable meuble. Si vous avez un coquillage large, il sert de pelle.
- Creuser : faire un trou de 60cm à 1m de diamètre, de plus en plus profond. Le sol devient vite humide puis boueux.
- Quand l’eau apparaît : elle suinte d’abord, puis remplit le fond. Laisser reposer 30 minutes pour que le sable et la boue se déposent au fond.
- Purger les premières eaux : les premiers 2-3 litres sont troubles et boueux. Les retirer avec un récipient ou une éponge de mousse. L’eau suivante est plus claire.
- Protéger le puits : entourer le bord de pierres plates pour éviter l’effondrement. Couvrir d’un empilement de branches et de feuilles quand on ne puise pas, pour éviter que les insectes et les débris y tombent.
- Profondeur typique : en plaine alluviale, l’eau se trouve entre 50cm et 3m de profondeur. En montagne, parfois à moins de 30cm.
Entretien du puits
- Purger chaque matin en retirant 2-3 litres avant de puiser l’eau de consommation.
- Si l’eau devient trouble à nouveau, creuser 10-15cm plus profond.
- Un puits bien entretenu fournit 10 à 50 litres par jour selon la nappe.
Important : l’eau du puits n’est PAS plus propre que l’eau de rivière. La terre filtre les particules mais ne tue pas les bactéries. TOUJOURS bouillir l’eau du puits avant de boire.
Distillation solaire passive (sans feu, sans récipient en métal)
Quand vous n’avez ni feu ni récipient adapté pour bouillir, la distillation solaire passive peut fournir de l’eau potable à partir du sol humide.
Le trou à condensation (la méthode universelle)
C’est la méthode la plus fiable pour extraire de l’eau du sol sans aucun équipement moderne :
- Choisir l’emplacement : un endroit où le sol est humide (bas de pente, bord de rivière asséchée, végétation verte en zone sèche). Le sol doit contenir de l’humidité.
- Creuser un trou de 60cm de diamètre et 40-60cm de profondeur. Plus le trou est grand, plus il produit.
- Placer un récipient au centre du trou (un bol en écorce, un trou dans une pierre, un coquillage grand, ou même un plastique replié en forme de bol).
- Couvrir d’une bâche ou d’un plastique transparent ou clair. Tendre la bâche sur le trou, la fixer avec des pierres sur les bords.
- Placer une pierre au centre de la bâche, juste au-dessus du récipient. Cela crée un entonnoir vers le récipient.
- Ajouter de la végétation : optionnellement, placer des feuilles vertes, de l’herbe fraîche, ou de la mousse dans le trou autour du récipient. Elles libèrent de l’humidité en chauffant.
- Attendre : sous l’effet du soleil, l’eau du sol et des plantes s’évapore, se condense sur la bâche, et coule vers le centre pour tomber dans le récipient.
Rendement : 100 à 500ml par jour selon l’humidité du sol et l’ensoleillement. Dans le désert côtier, cela peut monter à 800ml.
Variantes :
- Version urines/eau sale : verser de l’urine diluée ou de l’eau sale dans le trou autour du récipient. La distillation ne récupère que l’eau pure — le sel et les toxines restent dans le sol.
- Version longue plante : faire passer une plante aquatique (roseau) par un trou dans la bâche, l’extrémité qui pend dans le récipient. La plante transpire de l’eau.
Inconvénient : cette méthode est lente. Elle ne produit PAS assez d’eau pour une personne active. C’est un complément, pas une source principale.
Le sac à transpiration (version plante)
Pour extraire l’eau directement d’une plante vivante :
- Choisir une branche feuillue d’un arbre non toxique (saule, hêtre, bouleau — éviter les if, les lauriers et les euphorbes).
- Enfiler un sac plastique ou une bâche autour de la branche, bien la fermer avec de la ficelle au niveau du tronc.
- Laisser toute la journée : la plante transpire, l’eau se condense dans le sac.
- Récupérer : en fin d’après-midi, ouvrir le sac et recueillir l’eau au fond.
Rendement : 50-200ml par sac et par jour. On peut placer plusieurs sacs sur plusieurs branches.
Attention : les eaux de transpiration des plantes peuvent contenir des tanins et des substances amères. Elles sont généralement potables mais ont un goût fort.
Méthodes d’urgence absolue (quand rien d’autre ne marche)
L’eau des barrières de corail (côtes tropicales)
Dans les atolls et les lagons coralliens, chercher des coquillages bivalves géants (tridacnes). Ces coquillages scellent l’eau de mer filtrée dans leur valve fermée. L’eau à l’intérieur est moins salée. Caser la valve et boire le liquide — c’est un apport d’urgence, pas une source durable.
Soutirer l’eau des racines d’arbre
Certaines racines d’arbre contiennent des réserves d’eau potable, particulièrement en milieu semi-aride :
- Déterrer une racine épaisse (5-10cm de diamètre) d’un arbre vivant connu (baobab, acacia, palétuvier).
- Couper un segment de 30-50cm de long.
- Écraser ou râper la racine avec une pierre pour en extraire la sève.
- Presser la pulpe écrasée dans un tissu ou directement dans la bouche.
- Rendement : très variable, de quelques gorgées à 200ml selon l’arbre et la saison.
DANGER : ne JAMAIS faire cela avec un arbre inconnu. Certains arbres ont une sève hautement toxique.
Pièges et erreurs courantes
- Boire de l’eau non purifiée : la cause n°1 de mortalité en survie. La dysenterie et la giardiase vous tuent en quelques jours de déshydratation.
- Ne pas boire quand on a soif : la soif est un signal tardif. Boire AVANT d’avoir soif.
- Urine : ne JAMAIS boire son urine. Elle est chargée de sels qui déshydratent encore plus.
- Eau de mer : ne JAMAIS boire d’eau de mer. Le sel accélère la déshydratation.
- Glace transparente : la glace claire est plus pure que la glace opaque. Mais toujours la faire fondre avant.
- Cru et clair ne veut pas dire potable : l’eau la plus limpide du ruisseau le plus joli peut contenir des millions de bactéries invisibles. Seule l’ébullition garantit la sécurité.
- Partager un récipient contaminé : un récipient qui a contenu de l’eau non purifiée contamine l’eau purifiée qu’on y verse ensuite. Toujours laver à l’eau bouillante.
- Attendre d’être désespéré : chercher de l’eau avant d’en manquer. La déshydratation altère le jugement — vous prendrez de mauvaises décisions.
Une fois que vous savez faire ça, vous pouvez débloquer
- Cuisson alimentaire — eau + feu = cuisson
- Fabriquer de la poterie — argile + eau = récipients
- Extraire le sel — eau salée + évaporation = sel
- Fabriquer de la colle naturelle — eau + résine =
Ressources externes
- WikiMed (Kiwix) — encyclopédie médicale complète hors-ligne (75K+ articles)
- Where There Is No Doctor (Hesperian) — le manuel médical de référence pour situations sans médecin
- Open Water Quality Testing — protocoles et capteurs open source pour tester la qualité de l’eau (pH, turbidité, H2S)
- HydroSHEDS — données hydrologiques mondiales (réseau de rivières, débits) pour localiser les cours d’eau
- Survival Manual (ligi) — guide de survie complet basé sur le FM 3-05.70
- Pl@ntNet — identification de plantes par photo, fonctionne hors-ligne. Voir Ressources → Identification naturelle
- Kiwix —version hors-ligne du wiki Appropedia : filtrage d’eau DIY, méthodes de purification, construction de puits
- World Extreme Medicine — guides gratuits de médecine en milieu extrême (altitude, froid, désert)
- OpenFlexure Microscope — microscope optique open source imprimable en 3D pour l’analyse microscopique de l’eau (bactéries, parasites)
- Wilderness Medical Associates — Field Protocols — protocoles médicaux de terrain pour urgences en milieu isolé
- AguaClara — plans open source de stations de traitement d’eau potable à gravité (communautaire)
- Shelter Centre — Shelter Library — guides WASH (eau, assainissement, hygiène) et standards humanitaires Sphere
- Sphere Handbook — standards minimums humanitaires : 15 litres d’eau par personne par jour, ratios d’assainissement, indicateurs WASH mesurables
- SODIS — Solar Water Disinfection (Eawag) — désinfection solaire de l’eau (zéro matériel nécessaire, 6h de soleil)
- Potters for Peace — Ceramic Water Filter — filtres à eau en céramique artisanale (99.98% élimination des bactéries)
- Public Lab — guides communautaires de tests d’eau DIY et capteurs Arduino/ESP32 pour la surveillance continue de la qualité de l’eau
- Aquagenx — Compartment Bag Test — test de contamination fécale de l’eau sans laboratoire ni électricité (24-48h)
Notes
- Un humain a besoin de 2 à 3 litres d’eau par jour au repos, plus en chaleur ou en effort.
- La règle des 3 : 3 minutes sans air, 3 jours sans eau, 3 semaines sans nourriture.
- Toujours purifier. Même l’eau qui semble la plus claire peut contenir des pathogènes invisibles.