Élever des animaux
Abstract
Élever des animaux, c’est domestiquer et entretenir des bêtes pour obtenir viande, lait, œufs, laine, cuir, travail et fumier — la base de l’alimentation et de l’économie depuis 10 000 ans.
Qu’est-ce que c’est
L’élevage est la domestication et la reproduction contrôlée d’animaux pour produire de la nourriture (viande, lait, œufs), des matériaux (laine, cuir, plumes, os), de la force de travail (traction, portage), et du fumier pour les cultures. C’est la seconde révolution néolithique après l’agriculture : avec l’élevage, l’homme ne chasse plus sa nourriture — il la produit.
Les cinq animaux fondamentaux de l’élevage traditionnel sont :
- La vache — lait, viande, cuir, travail de traction, fumier
- La chèvre — lait, viande, cuir, débroussaillage
- La brebis — laine, lait, viande, fumier
- Le cochon — viande, graisse, cuir
- La poule — œufs, viande, plumes
Chaque animal a ses besoins, ses avantages et ses contraintes. Le choix des animaux dépend du climat, du terrain et des ressources disponibles.
Les cinq animaux fondamentaux
La vache (bovin)
Ce qu’elle produit :
- Lait : 10 à 20 litres par jour pour une vache laitière en période de lactation. Le lait se transforme en beurre, fromage, yaourt.
- Viande : un bœuf de 500 kg donne environ 250 kg de viande.
- Cuir : la peau d’une vache fournit le plus grand cuir disponible (2 à 3 mètres carrés).
- Travail : un bœuf (vache castrée) tire une charrue, un char, une meule. Force : 500 à 800 kg de traction.
- Fumier : 20 à 40 kg de fumier par jour. Le fumier est l’engrais principal pour Cultiver la terre.
Ce qu’elle consomme :
- 25 à 30 kg de fourrage (herbe, foin) par jour en été.
- 15 à 20 kg de foin + 5 kg de grain par jour en hiver.
- 40 à 60 litres d’eau par jour.
- Surface de pâturage nécessaire : 0,5 à 1 hectare par vache selon la qualité de l’herbe.
Reproduction :
- Gestation : 9 mois.
- Un veau par an (rarement deux).
- La vache donne du lait 10 mois par an après un vêlage.
- Durée de vie productive : 8 à 12 ans.
Race idéale pour débuter : toute vache de race rustique (montbéliarde, normande, salers) plutôt que les races spécialisées fragiles. Une vache rustique vit dehors, mange du foin médiocre, et résiste aux maladies.
La chèvre
Ce qu’elle produit :
- Lait : 2 à 5 litres par jour. Le lait de chèvre est plus digestible que le lait de vache. Il fait d’excellents fromages.
- Viande : 15 à 25 kg de viande par chèvre.
- Cuir : peau fine et solide, excellente pour les vêtements et les chaussures (voir Fabriquer des chaussures primitives).
- Débroussaillage : la chèvre mange les buissons, les ronces, les mauvaises herbes. Elle nettoie les terrains.
Ce qu’elle consomme :
- 3 à 5 kg de fourrage et de buissons par jour.
- 5 à 10 litres d’eau par jour.
- Surface nécessaire : 0,1 à 0,2 hectare par chèvre (la chèvre est l’animal le plus économe).
Reproduction :
- Gestation : 5 mois.
- Souvent 2 chevreaux par mise bas.
- La chèvre donne du lait 8 mois par an.
- Très prolifique : un troupeau de chèvres double en 2 ans.
Avantages : la chèvre est l’animal idéal pour débuter. Elle coûte peu, mange de tout, résiste à la sécheresse, se reproduit vite, et produit du lait immédiatement utilisable.
La brebis (mouton)
Ce qu’elle produit :
- Laine : 2 à 5 kg de laine par tonte (une fois par an au printemps). La laine est filée et tissée (voir Tissage et filage).
- Lait : 1 à 2 litres par jour pour les races laitières. Fromages de brebis (roquefort, feta).
- Viande : 15 à 25 kg par agneau.
- Fumier : 2 à 4 kg par jour. Excellent amendement pour les sols pauvres.
Ce qu’elle consomme :
- 2 à 4 kg d’herbe et de foin par jour.
- 5 à 8 litres d’eau par jour.
- Surface nécessaire : 0,2 à 0,3 hectare par brebis.
Reproduction :
- Gestation : 5 mois.
- Souvent 1 à 2 agneaux par mise bas.
- La brebis donne du lait 6 mois par an.
Avantages : le mouton est l’animal des sols pauvres et des climats rudes. Il vit là où la vache ne peut pas (montagne, lande, semi-désert).
Le cochon
Ce qu’il produit :
- Viande : 60 à 100 kg de viande par cochon. Le cochon est l’animal qui transforme le mieux la nourriture en viande (ratio de 3 kg d’aliment pour 1 kg de viande).
- Graisse : 10 à 20 kg de saindoux. Le saindoux sert à cuisiner, faire du savon (voir Fabriquer du savon), fabriquer des bougies (voir Fabriquer des bougies), et imperméabiliser les cuirs.
- Cuir : peau épaisse, excellente pour les semelles (voir Fabriquer des chaussures primitives).
- Brosse : les soies du cochon servent de brosses.
Ce qu’il consomme :
- 2 à 4 kg de grain et de restes de cuisine par jour.
- Des glands en automne (le cochon mange dans les chênaies).
- Des déchets de cuisine et de culture (épluchures, racines, petit-lait).
- 10 à 20 litres d’eau par jour.
Reproduction :
- Gestation : 3 mois, 3 semaines, 3 jours (114 jours).
- 8 à 12 porcelets par portée (très prolifique).
- Un cochon est prêt à abattre à 6-8 mois.
Avantages : le cochon est la chair la plus productive. Il transforme les déchets en viande et en graisse. Il est l’animal de base de l’autosuffisance alimentaire. Inconvénients : le cochon ne produit ni lait ni laine. Il ne travaille pas. Il détruit les sols s’il est laissé en liberté (il fouit la terre).
La poule
Ce qu’elle produit :
- Œufs : 150 à 250 œufs par an (1 œuf presque chaque jour au printemps et en été). Un œuf pèse 50 à 70 g.
- Viande : 1,5 à 3 kg par poule.
- Plumes : pour les oreillers, les flèches, l’isolation.
Ce qu’elle consomme :
- 100 à 150 g de grain par jour.
- Des insectes, vers et herbe si elle est en liberté.
- Peu d’eau (0,2 à 0,3 litre par jour).
Reproduction :
- La poule couve ses œufs pendant 21 jours.
- 10 à 15 poussins par couvée.
- Les poules commencent à pondre à 5-6 mois.
- Une poule productive vit 3 à 5 ans.
Avantages : la poule est le plus petit animal d’élevage mais le plus productif en proportion. Dix poules suffisent à nourrir une famille en œufs. Peu d’espace nécessaire.
Étapes détaillées
Étape 1 : Capturer ou acquérir des animaux
En situation de reconstruction depuis zéro, il faut capturer des animaux sauvages et les domestiquer.
Capturer des chèvres et des moutons sauvages :
- Les piéger : creuser un grand trou (2 mètres de profond, 2 mètres de large) dans un passage fréquenté. Couvrir de branches et d’herbe. Placer du sel et du foin au fond. Le sel attire les animaux. Voir Extraire le sel. Voir aussi Pêcher et chasser avec des pièges pour les techniques de capture.
- Les encadrer : construire un enclos en pierre ou en bois (voir étape 3). Y attirer les animaux avec du sel et du foin.
- Les apprivoiser : nourrir les animaux captifs à la main chaque jour. Parler doucement. Ne jamais les effrayer. Les chèvres s’apprivoisent en 2 à 4 semaines. Les moutons en 4 à 6 semaines.
- Les habituer au contact : les caresser, les brosser, les mener en laisse avec une corde autour du cou.
Capturer des poules sauvages :
- Les poules sauvages (coqs et poules faisanes) se capturent avec des filets ou des nasses. Voir Fabriquer un piège à poissons (nasse) pour les nasses adaptées.
- Les œufs trouvés dans la nature peuvent être couvés par une poule domestique ou au chaud (38 degres pendant 21 jours).
Capturer des porcs sauvages :
- Les sangliers et les laies sont dangereux. Ne pas les approcher directement.
- Capturer des marcassins (petits sangliers) âgés de quelques semaines. Ils s’apprivoisent bien.
- Les nourrir au chaud dans un enclos solide. Les marcassins mangent du lait, puis du grain trempé.
Étape 2 : L’abreuvement
Tous les animaux ont besoin d’eau propre et fraîche chaque jour.
- Le point d’eau : aménager un ruisseau, un étang ou un abreuvoir à proximité de l’étable. L’eau stagnante est dangereuse (maladies). L’eau courante est préférable.
- L’abreuvoir : un tronc de sapin fendu en deux (gouttière), un bac en pierre ou en bois. Remplir chaque jour.
- Quantité : voir les besoins par animal ci-dessus. En été, les besoins doublent.
- La fonte des glaces : en hiver, casser la glace des abreuvoirs chaque matin. Un animal qui ne boit pas mange mal.
Étape 3 : L’enclos et l’étable
Les animaux ont besoin d’un abri contre le froid, la pluie et les prédateurs.
L’enclos :
- La clôture : entourer le pâturage d’une clôture solide. Pour les chèvres et les moutons, une haie vive (épineux) ou un muret de pierre sèche de 1,2 mètre de haut. Pour les cochons, une forte palissade en chêne de 1,5 mètre enfoncée de 50 cm dans le sol (les cochons fouissent sous les clôtures). Pour les vaches, une simple barrière de bois de 1,2 mètre.
- La porte : une porte solide en madriers de chêne avec un verrou. Les animaux apprennent vite à ouvrir les fermetures simples.
- La taille : compter 0,5 hectare par vache, 0,2 hectare par chèvre ou brebis, 0,1 hectare par cochon.
L’étable :
- Les murs : construire un bâtiment en pierre, en torchis (voir Construire un mur en torchis) ou en pisé (voir Construire un abri permanent en pise), de 3 mètres de haut, ouvert au sud.
- Le sol : terre battue surélevée de 20 cm, recouverte de litière (paille et foin) renouvelée chaque semaine.
- La crèche : un râtelier en bois le long d’un mur pour le foin et le grain. Les animaux mangent dans la crèche sans piétiner leur nourriture.
- L’aire d’attache : des anneaux en bois ou en fer le long du mur pour attacher les vaches et les chèvres la nuit.
- La salle de traite : un coin propre et calme pour traire les vaches, chèvres et brebis.
Étape 4 : L’alimentation
En été : les animaux pâturent. Le pâturage est l’alimentation gratuite. L’herbe fraîche contient tous les nutriments. Il suffit de déplacer les animaux d’une parcelle à l’autre (rotation des pâturages) pour éviter le surpâturage.
Rotation des pâturages :
- Diviser le pâturage en 4 à 6 parcelles avec des clôtures.
- Laisser les animaux sur une parcelle pendant 1 à 2 semaines.
- Passer à la parcelle suivante. L’herbe de la première parcelle repousse.
- Cycle complet = 4 à 8 semaines. L’herbe a le temps de repousser.
En hiver : les animaux ne pâturent plus. Il faut du foin.
- La fenaison : faucher l’herbe en juin-juiliet quand elle est haute et avant qu’elle ne grainne. Étaler l’herbe au soleil pendant 3 à 5 jours. Retourner le foin 2 fois par jour. Le foin est sec quand une tige pliée casse net au lieu de se courber.
- Le stockage : ranger le foin en meules ou en grenier. Une vache consomme 10 à 15 kg de foin par jour en hiver. Pour 6 mois d’hiver : 1800 à 2700 kg de foin par vache. Préparer le foin en été — il n’y en a plus en hiver.
- Le grain : en complément du foin, donner du grain (orge, avoine) aux vaches laitières et aux bêtes de travail. 2 à 5 kg de grain par jour.
- Les betteraves et rutabagas : racines faciles à cultiver et à stocker en silo. Excellent fourrage d’hiver.
Étape 5 : La traite
Traire une vache, une chèvre ou une brebis est le geste quotidien de l’éleveur.
Traire une vache :
- L’attacher : attacher la vache à l’anneau de l’étable. Donner du grain dans la crèche (la vache est calme quand elle mange).
- Le nettoyage : laver le pis avec de l’eau tiède propre. Sécher avec un linge.
- La position : s’asseoir sur un petit tabouret à côté de la vache, un seau entre les genoux.
- La prise : saisir un trayon dans chaque main. Serrer le trayon à la base (contre le pis) avec le pouce et l’index. Puis serrer les autres doigts successivement de haut en bas pour pousser le lait vers le bas. Le lait sort du trayon.
- Le rythme : alterner les mains — gauche, droite, gauche, droite. Traire régulièrement et doucement. Ne pas tirer le trayon vers le bas (ça blesse la vache) — squeeze de haut en bas.
- La durée : 10 à 20 minutes par vache. Production : 5 à 15 litres par trait.
- Deux traites par jour : matin et soir. La traite du matin est la plus abondante.
Traire une chèvre : même principe, mais assis à côté de la chèvre, un seau sous le pis. Les trayons de chèvre sont plus petits. Production : 1 à 3 litres par jour.
Étape 6 : La reproduction
- Le mâle : garder au moins un mâle reproducteur par espèce (1 taureau pour 20 vaches, 1 bouc pour 30 chèvres, 1 bélier pour 40 brebis, 1 verrat pour 10 truies, 1 coq pour 10 poules).
- La saison : les chèvres et les brebis se reproduisent à l’automne (septembre-novembre). Les vaches toute l’année. Les truies toute l’année (2 portées par an). Les poules au printemps.
- La mise bas : isoler la femelle gravide dans un box propre avec de la paille. Surveiller la mise bas. En cas de difficulté, aider doucement (tirer les membres du petit lors des contractions).
- Le nouveau-né : le petit doit boire le colostrum (premier lait) dans les 2 premières heures. C’est vital — le colostrum contient les anticorps de la mère.
- Le sevrage : séparer le petit de la mère à 2-3 mois (vache), 2 mois (chèvre, brebis), 2 mois (cochon). Le petit mange alors du grain et du foin.
Étape 7 : L’abattage
L’abattage est un moment difficile mais nécessaire.
- L’âge : abattre les cochons à 8-10 mois, les poules à 2-3 ans (quand elles ne pondent plus), les vaches à 8-10 ans, les chèvres à 6-8 ans, les brebis à 5-7 ans.
- La méthode : saigner l’animal en tranchant la gorge (pour les petits animaux) ou en assommant puis saignant (pour les gros). L’abattage rituel (halal, casher) saigne l’animal conscient. L’abattage moderne assomme d’abord.
- La saignée : suspendre l’animal par les pattes arrières. Trancher les veines jugulaires. Recueillir le sang (le sang est comestible : boudin, saucisse).
- L’éviscération : ouvrir le ventre et retirer les organes internes. Garder le foie, les rognons, le cœur (comestibles). Jeter les intestins (ou les nettoyer pour les boyaux de saucisse).
- La dépouille : retirer la peau. Voir Tannage des peaux pour le tannage du cuir.
- Le découpage : séparer les morceaux. Cuire ou conserver immédiatement. Voir Sécher et fumer les aliments pour la conservation.
- Le saindoux : fondre la graisse du cochon à feu doux. Filtrer. Verser dans des pots. Le saindoux se conserve des mois.
Étape 8 : La gestion du fumier
Le fumier est la richesse cachée de l’élevage.
- Récolte : chaque semaine, enlever la litière souillée de l’étable et la remplacer. Stocker le fumier en tas à l’extérieur.
- Compostage : le fumier frais est trop riche pour les cultures. Le laisser mûrir 6 mois en tas. Le tas chauffe (50-60 degres) et se décompose. Le fumier mûr est noir, friable, sans odeur forte.
- Épandage : étaler le fumier mûr sur les champs avant les semences (automne ou printemps). 20 à 30 tonnes par hectare. Le fumier enrichit la terre en azote, phosphore et potassium. Voir Cultiver la terre.
Pièges et erreurs
- Surpâturage : trop d’animaux sur une parcelle détruisent l’herbe. Le sol se tasse, l’herbe ne repousse plus. Respecter les surfaces nécessaires.
- Sous-alimentation hivernale : un animal mal nourri en hiver maigrit, tombe malade, meurt. Préparer suffisamment de foin en été.
- Manque d’eau : un animal sans eau meurt en 3 jours. Vérifier les abreuvoirs chaque jour.
- Maladies non détectées : observer les animaux chaque jour. Un animal isolé, qui ne mange pas, qui boîte, qui a le dos voûté ou le poil terne est malade. L’isoler. Le soigner. Voir Premiers soins sans matériel pour les bases du soin.
- Prédateurs : les loups, renards, rapaces et chiens errants attaquent les animaux. Les clôtures solides, les chiens de garde et les étables fermées la nuit protègent le troupeau.
- Pas de mâle : sans mâle reproducteur, pas de renouvellement du troupeau. Garder au moins un mâle par espèce.
- Abattage tardif : une bête trop vieille donne une viande dure et peu savoureuse. Abattre à l’âge optimal.
- Confinement : les animaux ont besoin de sortir et de marcher. Un animal confiné toute l’année est fragile. Les sorties au pâturage sont essentielles.
- Mélange d’espèces sans précaution : les cochons et les moutons ne cohabitent pas bien (les cochons stressent les moutons). Les chèvres dominent les moutons à la mangeoire. Garder les espèces séparées ou en proportions adaptées.
Une fois que vous savez faire ça, vous pouvez débloquer
- Fabriquer du charbon de bois — les cornes et os d’animaux fournissent du charbon de qualité
- Construire un four à chaux — la force animale transporte la pierre calcaire
- Distiller de l’alcool — le lait et le grain sont la base de la fermentation
- Fabriquer de la bière primitive — le grain d’orge nourrit aussi la bière
Notes
- L’élevage est apparu il y a environ 10 000 ans au Proche-Orient, en même temps que l’agriculture. La chèvre et la brebis ont été les premiers animaux domestiqués, puis la vache et le cochon.
- Un village médiéval typique avait 10 vaches, 30 moutons, 10 chèvres, 10 cochons et 50 poules pour 100 habitants.
- Le fumier de vache est aussi utilisé comme combustible dans les pays sans bois (Inde, Tibet). Séché au soleil, il brûle lentement et régulièrement.
- Le lait cru non pasteurisé peut transmettre des maladies (tuberculose, brucellose). En contexte de reconstruction, la pasteurisation n’est pas accessible — faire bouillir le lait avant consommation (voir Cuisson alimentaire).
- L’élevage demande un engagement quotidien. Un éleveur ne peut pas quitter ses animaux plus d’un jour. C’est un mode de vie, pas un loisir.